La « maladie » :
un cas particulier de l’évolution des espèces

Par Richard Sünder

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Le texte ci-dessous est un extrait de l’ouvrage que Richard Sünder a publié aux Editions Quintessence : Médecine du mal, Médecine des mots. Cet ouvrage a pour sous-titre : « Causes psychobiologiques, sens et syntaxe des maladits ».

Le fondement de toute action, quelle qu’elle soit, est un conflit. Cela est aussi vrai de la marche que des maladits. Une action n’est possible que s’il y a mouvement. Or aucun mouvement n’est possible sans une relation entre l’énergie qui produit le mouvement et l’inertie qui s’y oppose. Sans conflit entre l’énergie et l’inertie, aucun mouvement et aucune action ne seraient possibles.

 

L’existence est un perpétuel conflit entre les désirs de l’individu et les interdits ou les obstacles qui empêchent de les satisfaire

Exemples. Si la Terre n’opposait pas sa force d’inertie à nos pieds, nous ne pourrions pas marcher. Lorsque nous sommes assis dans un siège inconfortable, nous sommes en proie à un conflit d’inadaptation au milieu (le siège) et nous n’arrêtons pas de nous tortiller pour trouver la position confortable qui résout le conflit. Une personne au chômage est en conflit de manque — elle peut à échéance manquer de tout, y compris de nourriture — et, bien entendu, elle va entreprendre toutes les actions possibles pour rétablir sa situation et faire cesser le conflit. La naissance d’un enfant est un conflit entre rester dans le confort du ventre de la mère, qui peut alors en mourir, et sortir par un passage étroit qui est un obstacle qu’il faut franchir. L’éducation, dès l’enfance, et toute l’existence est un perpétuel conflit entre les désirs de l’individu et les interdits ou les obstacles qui empêchent de les satisfaire. Si, d’ailleurs, l’existence n’était pas qu’une suite de conflits qu’il faut absolument résoudre, nous resterions allongés dans une chaise longue à ne rien faire, au risque de mourir d’ennui. Mieux, nous n’existerions pas.

L’existence même de l’homme est la solution d’un conflit. Comme celle du monde lui-même, ainsi que je le démontre dans Médecine du mal, médecine des mots.

Tout cycle, qui implique l’alternance de contraires, est la solution d’un conflit

Quand les éléphants se mettent en marche pour aller à la rivière, c’est parce qu’ils ont soif. S’ils ont soif, c’est parce qu’ils sont l’objet d’un conflit de manque d’eau avec risque de déshydratation. Quand les gnous entreprennent leur grande migration, c’est parce que — la sécheresse ayant fait disparaître l’herbe — ils ont faim. La faim, due au manque de nourriture, les contraint à aller chercher d’autres pâturages. Il s’agit bien d’un conflit entre le besoin de se nourrir et l’absence de nourriture. Lorsque nous vidons nos poumons, parce qu’ils sont pleins d’air, et lorsque nous les emplissons, parce qu’ils sont vides d’air, c’est parce que, sans l’alternance du vide et du plein d’air, nous nous asphyxions. Le plein et le vide sont des contraires. Toute contradiction est conflictuelle et, en l’occurrence, l’alternance du vide et du plein résout le conflit des deux exigences contradictoires de la respiration. Lorsque, après une journée fatigante, nous avons un conflit de manque d’énergie et d’épuisement, nous éprouvons le besoin de dormir, parce qu’il nous faut nous reposer pour nous régénérer. Tout cycle, qui implique l’alternance de contraires, est la solution d’un conflit. Y compris le cycle des cellules du corps qui doivent échanger du sodium et du potassium pour « respirer » et vivre. Et lorsque nous sommes en conflit avec quelqu’un qui nous a fait un vilain tour que nous ne pouvons pas digérer, nous faisons, selon l’intensité du stress que nous cause le conflit, des troubles de l’appareil digestif, un cancer de l’estomac, voire du pancréas, comme s’il nous fallait faire un deuxième estomac ou un deuxième pancréas au sein du premier pour mieux digérer ce que nous ne digérons pas.

La médecine ignore absolument les causes de toutes les « maladies »

Toute action et tout maladit ont donc nécessairement une cause pour la simple raison que, jusqu’à preuve du contraire, tout ce qui se passe dans le monde répond à une nécessité. On n’y rase jamais gratis. La médecine ignore absolument les causes de toutes les « maladies ». Rien de plus logique : la « maladie » n’existe pas. On ne peut donc pas trouver une cause à un phénomène qui n’existe pas. La « maladie » médicale sans cause, c’est-à-dire sans conflit qui la cause (je ne parle pas de la prolifération des cellules dans un cancer de masse : ce n’est pas la cause, c’est un effet du conflit) n’existe pas. Tout ce qui affecte le corps est toujours un programme biologique nécessaire de survie qui résout un conflit. Quand un médecin diagnostique une « maladie », le malade devrait immédiatement lui demander quelle en est la cause : « Pourquoi, docteur, ai-je un cancer du sein, de l’estomac, du colon, de la peau ou un asthme, un eczéma ou un blocage du dos ? » Si le médecin est incapable de donner une réponse précise, logique et rigoureuse, c’est-à-dire d’identifier le conflit — et il en est incapable, il n’a appris qu’à identifier des symptômes dans l’ignorance totale de ce qui les cause — c’est qu’il ignore tout de ce qu’il appelle la « maladie ». La prétendue « maladie » n’est, en fait, rien d’autre qu’une adaptation du corps à un conflit interne qui en est la cause et qu’il faut identifier. Tout ce qui modifie l’état — aussi bien intérieur qu’extérieur — de notre corps est la solution d’un conflit. Parce qu’il n’existe pas d’action qui ne soit pas le produit d’un conflit. C’est là loi fondamentale et incontournable de la physique : Pas d’action sans conflit. A toute action son conflit et, corollairement, à tout maladit son conflit ! Mais, visiblement, il faudra encore du temps aux médecins conventionnels orthodoxes pour qu’ils comprennent qu’on ne peut plus faire de médecine en ignorant tout de la physique.

Le maladit n’est qu’un cas particulier de l’évolution des espèces

Pourquoi ne peut-il pas y avoir de maladit sans conflit ? Mais, tout simplement parce que le fondement de toute action ou réaction organique (y compris le maladit) est le stress engendré par un conflit (attraper une proie, échapper au prédateur, se défendre de la chaleur, du froid, mieux s’adapter à la course, à l’eau, à la vie en forêt, digérer quelque chose d’indigeste, etc.). Le problème face à un conflit qui stresse, parce qu’on n’a pas de réponse toute prête à y opposer, est de le résoudre par une adaptation appropriée. L’évolution des espèces — que seuls les créationnistes mettent en doute — ne consiste en rien d’autre qu’à résoudre les conflits vitaux qu’elles rencontrent par leur adaptation au milieu extérieur. L’Évolution n’est donc qu’un processus de programmes biologiques de survie. En montrant que les maladits ne sont que des programmes biologiques de survie et d’adaptation de l’individu à un conflit, Georg Groddeck, Ryke Geerd Hamer et les élèves de ce dernier, dont Claude Sabbah et quantité d’autres démontrent donc implicitement — ils ne l’ont pas dit mais je le démontre — que le maladit n’est qu’un cas particulier de l’évolution des espèces.

La cause — et le fondement même — de l’Évolution est donc bien le conflit, qui engendre le stress — l’état de sympathicotonie — qui perdure aussi longtemps que l’on ne trouve pas la solution du conflit.

Dans le cas d’un conflit d’adaptation au milieu extérieur, la solution du conflit, donc du stress, est d’adapter le corps au milieu extérieur, afin de supprimer le stress engendré par le conflit : pour les proies, améliorer leurs moyens de défense et de fuite, pour les prédateurs, améliorer leurs moyens d’attaque et de poursuite, pour les primates de la forêt, développer quatre membres pourvus de mains et de souplesse, pour les primates de la savane, se dresser sur deux pieds, etc. Mais, si vital que soit le conflit, celui-ci ne provoque pas de choc et, par conséquent, il n’engendre pas un stress tel qu’il puisse provoquer un D.H.S. (Dirk Hamer Syndrome) et une lésion cérébrale — le foyer de Hamer — et devenir obsessionnel. Désirer courir plus vite ou grandir ou mieux s’adapter à la vie dans les arbres ou se protéger du froid en développant une toison ne crée pas de choc. C’est un désir collectif de l’espèce, soutenu sur plusieurs générations, qui résulte de la conscience d’une inadaptation. Ce n’est pas une obsession qui résulte d’un choc.

Adapter le corps à son milieu intérieur, afin de supprimer le stress engendré par le conflit

Dans le cas d’un conflit d’adaptation au milieu intérieur, la solution du conflit, donc du stress, est d’adapter le corps à son milieu intérieur, afin de supprimer le stress engendré par le conflit. Dans ce second cas, il ne s’agit plus d’adapter les formes extérieures du corps au milieu extérieur. Il s’agit d’adapter les formes intérieures du corps au type même du conflit. S’agit-il de quelque chose que l’on ne peut pas digérer, il faut améliorer les performances de l’estomac, voire — si c’est encore plus indigeste — du pancréas, donc développer un deuxième estomac ou un deuxième pancréas au sein du premier : c’est le cancer de l’estomac ou du pancréas. S’agit-il de quelque chose qui stresse au point que l’on ne supporte absolument plus de le voir ou de l’entendre, il faut réduire ou supprimer la vue ou l’audition : on devient myope, presbyte ou aveugle, on entend moins bien ou on devient sourd. S’agit-il d’un conflit de territoire qui empêche de respirer ? S’il est léger et ressenti comme « on me pompe l’air », il porte sur les bronches et c’est la grippe. S’il est très grave au point qu’on ne peut plus respirer, il porte encore sur les bronches mais, cette fois, il développe une nouvelle bronche au sein de la première et c’est le cancer des bronches. S’agit-il d’une dévalorisation jusqu’à la moelle, donc d’un sentiment d’anéantissement, il faut alors supprimer la charpente osseuse — la taille est la mesure de la valeur physique de l’individu, elle est donc symbolique — et c’est l’ostéolyse, etc. Notons incidemment que, dans ce dernier cas, la solution du stress ne vise pas à résoudre le conflit — auquel cas on devrait développer davantage de charpente osseuse — mais, au contraire, à réaliser symboliquement le désir d’anéantissement. Dans tous ces cas, le conflit est vital — l’individu sent que sa vie est en jeu — et il résulte d’un choc. De ce seul fait, il provoque un D.H.S. et une lésion cérébrale et, bien entendu, il devient obsessionnel.

La somatisation est nécessaire à la survie car le stress, s’il perdure, épuise l’énergie du sujet et finit par le tuer

La différence est claire : l’évolution progressive de l’espèce résulte d’un besoin prolongé — certes vital mais non mortel à brève échéance — créé par un conflit progressif qui n’engendre qu’un stress prolongé mais non immédiatement vital et qui est satisfait à échéance par l’adaptation progressive de l’espèce au milieu extérieur ; l’« involution » immédiate de l’individu — que constitue un maladit — résulte du choc soudain et brutal d’un conflit intense dont le stress intense et mortel exige une solution immédiate, à savoir la somatisation immédiate — ou à échéance dans le cas du conflit programmant. La somatisation est nécessaire à la survie car le stress, s’il perdure, épuise l’énergie du sujet et finit par le tuer. Le stress peut tuer quasi instantanément. Le maladit, comme l’Evolution, a bien un sens et une cause. C’est la solution d’un conflit.

Pour supprimer les maladits, il faut supprimer leur cause

Dans tous les cas, il s’agit d’adapter le corps externe ou interne à la situation conflictuelle pour supprimer le stress. Hans Selye, l’inventeur du stress, le définit comme un « syndrome général d’adaptation » (S.G.A.). L’évolution des espèces engendre des mutations des cellules à mesure même que celles-ci se modifient pour adapter le corps au milieu. Et, comme par hasard, tous les maladits, sans exception, engendrent des mutations des organes malades. Il s’agit donc bien du même processus. Il y a une différence entre les conflits externes avec le milieu — qui sont la cause des mutations — et les conflits internes du corps — qui sont cause non seulement des maladits mais encore de notre évolution psychologique. Les premiers sont des conflits externes d’une ampleur — dans le temps et l’espèce — supérieure à leur intensité. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas d’une intensité immédiatement vitale et qu’ils se déroulent sur une période de longue amplitude. Puis ils se résolvent par la solution concrète de l’évolution des formes externes de l’individu. Par exemple, pour mieux se mouvoir dans le milieu marin, les organismes développent des nageoires et deviennent des poissons. Pour mieux s’adapter à la forêt, des ancêtres de primates se dotent de quatre mains et deviennent des singes. Les seconds sont des conflits internes d’une intensité supérieure à leur ampleur dans le temps, qui se résolvent par l’adaptation immédiate du corps au stress au moyen du maladit. Pour supprimer les maladits, il faut supprimer leur cause, le conflit, par la prise de conscience imaginaire de leur genèse (bien que la solution concrète du conflit soit aussi, dans certains cas, possible).

L’adaptation de l’animal au milieu

Le conflit avec le milieu extérieur est un conflit qui exige une adaptation extérieure de l’animal au milieu. Pour atteindre aux plus hautes branches, le précurseur de la girafe doit développer de longues pattes et un long cou, pour localiser ses proies dans l’océan, le précurseur du dauphin doit développer un moyen de les sentir (le sonar), etc. L’animal en a certes conscience et il désire le résoudre sans savoir comment (le précurseur du dauphin n’a évidemment pas idée du sonar) mais le stress engendré par le conflit est de forte amplitude dans l’espèce — il touche toute l’espèce — et de moindre intensité — en chaque individu. C’est le désir — certes abstrait — de l’adaptation concrète transmis par toute l’espèce à l’ordonnateur de l’information cosmique qui va permettre à celui-ci de calculer la théorie de l’adaptation de l’animal au milieu et de provoquer les mutations nécessaires à l’adaptation. Ce conflit reste externe et concret et son intensité, en chaque individu, est inversement proportionnelle à son amplitude dans l’espèce qui le partage. De ce fait, il n’atteint pas l’intensité nécessaire à le rendre foudroyant et obsessionnel.

La mère qui vient de perdre son enfant ne peut pas le ressusciter

Au contraire le conflit interne avec le corps — bien qu’il soit provoqué par un ou d’autres individus extérieurs au corps — est un conflit — « il me pompe l’air », « il me prend mon territoire », « je ne peux pas digérer ce qu’il m’a fait » — qui exige une adaptation intérieure de l’animal à son propre milieu interne que le stress intense met en état permanent de sympathicotonie. Le sujet a certes conscience du conflit et il désire le résoudre, sans trouver de solution extérieure. Par exemple, la mère qui vient de perdre son enfant ne peut pas le ressusciter. Le stress engendré par le conflit est de moindre amplitude spécifique — il ne touche que des individus — mais de forte intensité en chaque individu. Le conflit est intériorisé dans l’imaginaire de la conscience, à cause même de la capacité d’abstraction du cerveau des animaux évolués et, a fortiori, des hommes. Il est littéralement incorporé sous forme d’une obsession génératrice d’un stress intense. La solution biologique du conflit et du stress qu’il engendre est alors la modification de l’organe correspondant au ressenti du conflit — l’organe gouverné par l’aire cérébrale où se forme la lésion, le foyer de Hamer.

Des millions de gens résolvent, chaque jour et sans même le savoir, des conflits générateurs de cancers et de toutes sortes de maladits

Si un individu ne peut pas digérer une « crasse » qu’on lui a faite, l’idée abstraite et obsessionnelle du conflit engendre un stress intense qui provoque aussitôt une lésion dans l’aire cérébrale qui gouverne l’appareil digestif. Selon l’intensité du conflit et la manière dont le sujet le ressent, la lésion (le foyer de Hamer) va toucher l’œsophage, l’estomac ou le pancréas et le cerveau — qui ne distingue pas le réel, le virtuel, le symbolique et l’imaginaire — va aussitôt enclencher un programme d’accroissement des capacités digestives de l’organe en fabriquant un deuxième œsophage, un deuxième estomac, un deuxième pancréas dans le premier. C’est le cancer. Bien entendu, ça ne règle pas le conflit psychobiologique mais ça réduit ou ça supprime le stress — qui peut tuer, s’il perdure — et l’individu peut survivre. Il est en sursis mais ce sursis peut lui permettre de comprendre et de lâcher son conflit — ce qui se produit inconsciemment tous les jours : des millions de gens résolvent, chaque jour et sans même le savoir, des conflits générateurs de cancers et de toutes sortes de maladits qui les frappent. Ils font disparaître leur cancer sans même savoir qu’ils en ont fait un. Mais, si d’aventure on leur fait un scan, on peut y repérer le foyer de Hamer en voie de résorption. Bien entendu, plus la capacité d’abstraction du cerveau est grande et plus l’imaginaire est développé et plus la capacité à nourrir des obsessions est grande.

Il est donc logique que les maladits se complexifient en fonction même de la complexité du cerveau. Plus les espèces sont complexes et plus leurs maladits sont complexes et plus la réparation est difficile. C’est ce qui explique que, lorsqu’on coupe un ver de terre en deux tronçons, chacun des deux tronçons est capable de reformer un ver de terre entier, ce qui n’est pas possible chez des espèces complexes comme les mammifères ou même les poissons.

Rien ne peut se produire dans le monde, comme dans notre corps, qui n’ait pour origine un conflit

Le maladit n’est donc rien d’autre qu’un cas particulier d’adaptation au stress, engendré par un conflit, qui vise à débarrasser le cerveau de la lésion engendrée par ce stress en résolvant le conflit qui a causé le stress. C’est là ce qu’a démontré Hamer. Comment alors peut-on, d’une part, admettre comme scientifiquement valides les travaux de Selye, de Laborit et de bien d’autres et, d’autre part, condamner ceux de Hamer qui n’en sont que la suite logique. Il y a là une contradiction scientifique évidente et on ne peut qu’être stupéfié par la légèreté de la justice qui l’entérine. D’autant que l’idée même de la psychosomatique, loin d’être une nouveauté, remonte au moins à Georg Groddeck. Comment ne pas voir et comprendre que les maladits obéissent au processus même de l’évolution des espèces ? Et comment peut-on être incohérent au point de croire, comme Pasteur, que les « maladies » sont provoquées par des micro-organismes quand elles sont « infectieuses » ou par des dysfonctionnements organiques sans aucune cause (cancers, scléroses en plaques, asthmes, allergies, Parkinson, etc.) quand elles ne peuvent être provoquées que par un conflit, ne serait-ce que parce que rien — absolument rien — ne peut se produire dans le monde, comme dans notre corps, qui n’ait pour origine un conflit ?

Constater avec Darwin que l’existence animale est un perpétuel conflit et une lutte pour la vie, donc un conflit entre énergie et inertie, entre vie et mort, est une chose. En tirer la conclusion que seuls survivent les plus forts est inexact.

 

L’époque où des poissons ont quitté la mer pour s’établir sur la Terre

Ceux qui survivent ne sont pas les plus forts, ce sont les mieux adaptés à la situation conflictuelle présente et évolutive à laquelle ils sont confrontés. C’est souvent le cas des plus forts mais pas toujours et c’est aussi souvent le cas de ceux qui sont apparemment les plus faibles mais pas toujours. Ainsi l’une des grandes crises qu’ont connues les espèces animales, au cours de leur évolution, est-elle celle qui a précédé l’émergence de la faune terrestre, c’est-à-dire l’époque où des poissons ont quitté la mer pour s’établir sur la Terre. Jacques Monod, qui ne semblait pas bien au fait des conditions dans lesquelles cet exploit fut accompli, les qualifie de « Magellans de l’espace » et dit du premier poisson sorti des eaux : « Il a ”choisi” d’aller explorer la terre où il ne pouvait cependant se déplacer qu’en sautillant maladroitement. Il créait ainsi, comme conséquence d’une modification de comportement, la pression de sélection qui devait développer les membres puissants des tétrapodes ».

La vérité est tout autre. Les poissons n’ont jamais « choisi » de quitter l’eau pour aller vivre sur terre. Ils y ont été contraints parce qu’ils vivaient dans une mer peu profonde qui était en train de s’assécher. Ce n’est pas eux qui ont quitté l’eau. C’est l’eau qui les a quittés créant ainsi non pas une pression de sélection mais un véritable conflit entre survivre ou mourir qui les a obligés à s’adapter. Tous les poissons qui se trouvaient dans cette mer peu profonde, qui progressivement disparaissait, ont bien été confrontés au conflit de Hamlet : être ou ne plus être. Mais il y avait deux sortes de poissons dans cette mer. Il y avait, d’une part, les poissons hyperadaptés à la vie marine — les plus forts — qui occupaient le centre des eaux les plus profondes et les mieux oxygénées, et il y avait, d’autre part, les poissons marginaux et hybrides (Dipneustes et Crossoptérygiens) qui, parce qu’ils étaient repoussés, par les mieux adaptés qui étaient les plus forts, vers les plages, ont pris, pendant quelques générations, l’habitude d’avoir la tête hors de l’eau et ont fini par développer — outre leurs branchies — des poumons.

Il s’agit d’être toujours en mesure de s’adapter à toute situation conflictuelle

Quand les eaux ont disparu, tous les poissons les mieux adaptés à la vie marine ont crevé, faute d’avoir développé des poumons. Et seuls les hybrides — apparemment les plus faibles, les marginaux et les exclus — ont survécu, parce qu’à force de vivre dans le conflit respirer/étouffer ils se sont, eux, adaptés à la respiration aérienne. Car il ne suffit pas d’être le mieux adapté au milieu actuel — d’une certaine manière même il vaut mieux ne jamais y être parfaitement adapté sans plus aucune possibilité d’évoluer vers une autre forme — parce qu’il faut être toujours prêt à s’adapter à un milieu nouveau quand le milieu est sur le point de se modifier au point de poser à ses habitants des problèmes de survie. Il ne s’agit donc pas, pour survivre, d’être le mieux adapté, comme disent Darwin et les darwinistes, il s’agit d’être toujours en mesure de s’adapter à toute situation conflictuelle, ce qui revient toujours à résoudre le conflit de Hamlet entre la vie et la mort. Ce ne sont ni les plus forts ni les mieux adaptés qui survivent, ce sont toujours les mieux adaptables ou les mutants : ceux qui ont conservé la possibilité de s’adapter, donc d’évoluer eux-mêmes pour s’adapter à l’évolution du milieu. C’est-à-dire les plus conscients et les plus intelligents : ceux qui ont été les plus conscients de la crise et qui, de ce fait, ont été contraints d’utiliser leur intelligence — et celle du monde — pour y faire face et pour survivre.

Les maladits s’accompagnent de modifications génétiques

L’Évolution des espèces est une succession de programmes biologiques de survie tout comme les maladits. C’est bien pourquoi tous les maladits s’accompagnent de modifications génétiques, tout comme les mutations. Groddeck et Hamer, ainsi d’ailleurs que Selye, Laborit, Alexander, Moirot, Odent, Sabbah et les autres n’ont rien fait d’autre, sans le savoir, que de retrouver, dans la biologie des maladits, la syntaxe même de l’Evolution qui n’est qu’une superstructure de la syntaxe de l’Arithmétique, telle qu’elle se présente dans le modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique (Relativité absolue du couple Zéro-Infini).

Comme cela est évident dans le cas des poissons sortis des eaux grâce à leur système de double respiration, la mutation de ces espèces n’a pas eu d’autre moteur que le conflit de territoire qui a opposé les poissons les mieux adaptés à la vie marine et, en l’occurrence les plus puissants, aux poissons moins bien adaptés et, en l’occurrence plus faibles. Les premiers ont occupé les eaux les plus profondes et les mieux oxygénées et littéralement pompé l’oxygène des seconds qui se sont alors trouvés confrontés au conflit de Hamlet : survivre ou mourir. Ces poissons marginaux, chassés vers les plages, ont, sans aucun doute, été l’objet d’un stress intense et durable. N’ayant plus à respirer que l’oxygène de l’air, ils n’avaient pas d’autre solution pour y parvenir que de conquérir un autre territoire que la mer, ce qui impliquait qu’ils développent un autre système respiratoire : des poumons. Développer deux masses pulmonaires, comme deux cancers en pleine poitrine — conformément à la théorie de Hamer — était sans le moindre doute, pour eux, le plus crucial des programmes biologiques de survie. C’est grâce à cela qu’ils ont survécu et qu’ils ont pu coloniser, avec leurs descendants, toute la surface terrestre de la planète. Ainsi ont-ils conquis et conservé un territoire entièrement nouveau quand leurs adversaires sont morts parce qu’ils n’en avaient plus.

Ces poissons ont bien fait un cancer qui leur a permis de se fabriquer des bronches !

Il faut alors bien voir que le mécanisme des mutations, qui leur a permis cette évolution décisive non seulement pour leur survie mais encore pour l’émergence de toute la faune terrestre et de l’humanité, est rigoureusement le même que celui que Ryke Geerd Hamer décrit à propos des maladits. Hamer dit bien qu’un conflit mortel de territoire engendre un cancer des bronches. Ces poissons ont bien fait un cancer qui leur a permis de se fabriquer des bronches ! Force est alors de constater que Hamer n’a strictement rien fait d’autre — en montrant que la genèse des maladits avait pour cause un conflit, et que les maladits ne sont rien d’autre que des programmes biologiques de survie — que découvrir, à la suite de Groddeck, de Selye, de Laborit et des autres, que la genèse des maladits est rigoureusement la même que celle des mutations et de l’Evolution.

Dans tous les cas, la loi qui gouverne la modification est la loi de la syntaxe et c’est bien pourquoi les quatre fonctions fondamentales de la biologie, découvertes par Hamer, sont calquées sur les quatre fonctions de la syntaxe. La coïncidence du modèle géométrique de l’Arithmétique thermodynamique et de la théorie de Hamer prouve la validité de celle-ci.

C’est le même conflit qui a fait crever les uns et permis aux autres de survivre

Toujours est-il que c’est à ces poissons hybrides et à la manière dont ils ont résolu le conflit que nous devons d’exister. De surcroît, grâce à eux, nous pouvons constater que les mutations des espèces obéissent aux mêmes lois que la genèse des maladits, telle que Groddeck et Hamer l’ont définie. Ceci n’a finalement rien de surprenant puisque, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de programmes d’adaptation de la biologie à un conflit qui permet à l’espèce de survivre. Sans le conflit qu’ils ont vécu et résolu, ces poissons seraient restés des poissons. Ils auraient tous crevé dans la mer qui a fini par s’assécher et l’homme n’aurait jamais vu le jour. Même chose pour le monde. C’est le même conflit qui a fait crever les uns et permis aux autres de survivre. Et cela ne constitue une apologie ni des uns ni des autres. C’est un constat objectif qui n’implique pas de jugement moral.

A tous les grands carrefours de l’Évolution, il en est chaque fois allé de même : ceux qui ont survécu sont ceux qui ont été capables de s’adapter à une situation conflictuelle nouvelle et vitale. Ceux qui, au lieu de se conserver tels qu’ils étaient, ont été capables d’évoluer face à une situation conflictuelle évolutive (en l’occurrence le changement du milieu qui asséchait la mer). Bref, ceux qui se sont ouverts à des idées nouvelles ou, plus précisément, des théories nouvelles qu’ils ont incarnées. Comme le même mécanisme est à l’œuvre dans l’évolution des idées et des techniques, on peut prédire que la seule médecine qui survivra sera la médecine psychosomatique, qui est causale parce qu’elle tient compte de la relation du corps et de l’esprit, tandis que la médecine conventionnelle qui ne tient compte que du corps disparaîtra comme le Titanic dans l’océan.

L’alternance de la veille et du sommeil prouve que nous avons autant besoin de l’une que de l’autre

Que l’énergie et l’inertie co-existent et n’existent que l’une par l’autre est un fait. On ne peut donc pas en déduire que l’énergie est un bien et l’inertie un mal ou l’inverse. Ce serait absurde puisque les deux sont nécessaires et n’existent que l’une par l’autre. L’alternance de la veille et du sommeil prouve que nous avons autant besoin de l’une que de l’autre. L’énergie — c’est-à-dire les deux fonctions énergétiques de la syntaxe et de la biologie : faire de la masse (sujet) et produire ou accélérer le mouvement (sujet) — et l’inertie — c’est-à-dire les deux fonctions inertielles de la syntaxe et de la biologie : faire du vide ou du creux (objet) et freiner ou bloquer le mouvement (objet) — sont aussi indispensables à la santé qu’aux maladits, à notre éveil qu’à notre sommeil, à notre activité qu’à notre repos. Tout se ramène au conflit dialectique de l’énergie et de l’inertie — c’est-à-dire au conflit de Hamlet — mais il ne faut jamais oublier que tout, dans notre monde, est une synthèse de l’énergie et de l’inertie.

Le conflit est donc nécessaire — nous l’avons dit — non seulement à notre existence mais encore, comme on vient de le voir à propos des poissons qui sont sortis de la mer, à notre propre survie, qu’il s’agisse des mutations qui nous permettent d’évoluer pour nous adapter au changement du milieu ou des maladits qui sont des programmes de survie qui nous permettent de survivre au stress qui, s’il perdurait, nous tuerait. Comme par hasard les mutations entraînent des modifications de gènes et tous les maladits, sans exception, aussi ! Parce que, dans un cas, comme dans l’autre, il s’agit de programmes biologiques de survie.

Les forces du bien et les forces du mal.

S’impose alors une évidence contraire à ce que nous enseignent les religions : il n’y a pas deux forces radicalement opposées, les forces du bien et les forces du mal. Il n’y a pas de bien et il n’y a pas de mal, au sens absolu où on nous l’enseigne. Il n’y a pas, d’un côté, l’ami et, de l’autre côté, l’ennemi. Mieux encore, l’adversaire — que les religions monothéistes nous présentent toujours sous les traits du Diable : Lucifer ou même Satan — est aussi nécessaire à notre existence que son contraire, Dieu. Dieu n’existerait pas plus sans le Diable que le Zéro n’existerait sans l’Infini. « Vous dites que Dieu se décompose en lui-même. Mais il ne fait que se peler : il dépouille sa peau morale ! Et vous le reverrez bientôt : par-delà le Bien et le Mal ! » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

Dans le cas des poissons qui ont été contraints de quitter la mer qui s’était asséchée pour aller vivre sur terre, l’adversaire a d’abord été les poissons les plus gros et les plus forts qui, occupant le centre des eaux les plus profondes et les mieux oxygénées, ont chassé les marginaux et les plus faibles vers les plages, dans les eaux les moins profondes, où ils risquaient l’asphyxie. Les poissons marginaux peuvent donc, à juste titre, considérer les gros poissons, les plus forts et les plus puissants, comme leur plus mortel adversaire. Certes, mais, à cause de cet adversaire, ils ont été contraints de développer des poumons et, lorsque la mer s’est entièrement asséchée, ils ont été les seuls, eux les poissons à double système de respiration, qui ont survécu. A bien y réfléchir, leur adversaire, avec qui ils étaient en conflit et qu’ils ont pu considérer comme un ennemi mortel qui aurait pu les faire mourir, a finalement été leur meilleur allié. Sans lui, jamais ils n’auraient été chassés vers les marges de la mer, sur les plages où ils ont été contraints d’apprendre à respirer au moyen de poumons. C’est grâce à l’ennemi mortel qu’ils ont survécu !

« Respirer ou être asphyxié »

Dès l’instant où les survivants prennent conscience de ce fait, il devient évident que non seulement ils ne peuvent plus considérer l’adversaire comme une force antagoniste radicalement négative, ainsi qu’ils l’ont fait jusque-là, tant qu’ils ont vécu le conflit. Les voici maintenant contraints de comprendre et de reconnaître qu’en définitive s’ils sont, eux les marginaux hybrides, les seuls à avoir survécu, c’est-à-dire à avoir trouvé la solution du conflit « respirer ou être asphyxié », c’est à cause de leur adversaire, dont la force contraire les a contraints à trouver la solution. Ils peuvent même lui dire merci. Dès cet instant, les marginaux hybrides mais survivants ont dépassé le conflit. Non seulement physiquement, parce qu’ils se sont dotés de poumons pour survivre au conflit mais encore mentalement puisque l’adversaire a été la cause même de leur survie.

Nous avons donc là le modèle concret du dépassement du conflit. Comme je l’ai dit (chap. XV), tout ce que nous réalisons, nous ne le réalisons jamais par la grâce de notre énergie créatrice : nous ne le réalisons que par la grâce des forces qui s’opposent à nous, à notre propre énergie créatrice et qui s’incarnent dans nos opposants, nos adversaires, nos ennemis — rarement dans nos amis.

On nous dit qu’il faut rompre avec la médecine conventionnelle. Ce n’est pas avec la médecine qu’il faut rompre, c’est avec l’idée fausse qu’elle nous a inculquée de la « maladie » sans cause qui n’existe pas. Ce qu’il faut, c’est éradiquer, effacer ce mot de « maladie » et comprendre qu’il n’y a que des programmes biologiques de survie et chercher leur cause qui est toujours un conflit.

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